Les dessus du SMS Hindenburg, un croiseur de bataille lancé en 1917, après son sabordage (SMS : Seiner Majestät Schiff : Navire de Sa Majesté en allemand)

Le sabordage de la Flotte Impériale de Haute Mer allemande, quel lien avec l’atome ?

Entre le 25 et 27 novembre 1918, selon les termes de l’armistice signé le 11, la flotte de haute mer du Reich est rassemblée dans la baie de Scapa Flow, dans les iles Orcades, la plus grande base de la Royal Navy.

Sont ainsi groupés plusieurs dizaines d’unités, dont des cuirassés (Bayern, Kaiser, Kaiserin), des croiseurs de bataille (Hindenburg, Derfflinger…), des croiseurs (Emden...), en attente du traité de paix.

Italiens et Français espèrent alors récupérer une partie des navires, alors que pour les Britanniques, cette solution a l’immense inconvénient de remettre en cause son avantage traditionnel en ce domaine. Pour eux, la destruction de la flotte serait une bonne chose.

Ce sont finalement les Allemands eux-mêmes qui décideront du sort de leurs navires, en décidant le sabordage prévu depuis de longs mois, le 21 juin 1919, à quelques jours de la signature du Traité de Versailles. Ainsi, la flotte quasi entière sombre dans les eaux de la baie, ne laissant d’eux que leurs cheminées ou leurs mâts émergeant des eaux.

Dans les années qui suivirent, cette masse de métal fut évidemment exploitée pour en récupérer l’acier dont la valeur allait croissant alors qu’une nouvelle guerre profilait à l’horizon.

Mais depuis 1945 et les premiers essais atomiques, cet acier, coulé avant l’ère atomique, est beaucoup moins radioactif que l’acier fabriqué actuellement. En effet, la fonte du minerai introduit de l’oxygène, oxygène pollué par les multiples essais nucléaires qui ont eu lieu depuis 80 ans.
Cela fait de ce métal très « pur » un composant de choix pour certains instruments de mesure, comme les compteurs Geiger.

En 1939, vingt ans après le sabordage de la flotte, un raid fut mené par l’équipage du sous-marin U-47, commandé par Gunther Prien, dans la rade de Scapa Flow. Considéré comme un exploit en raison de la configuration des lieux, ce raid aboutit au naufrage du cuirassé Royal Oak et eut un immense retentissement tant en Allemagne qu’au Royaume-Uni.

L’uranium, source principale de radioactivité dans notre industrie nucléaire, célèbre les 85 ans de mariage. (Vous en connaissez des couples qui y sont arrivés ?)



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